Un an après avoir signé l’échec de son activité thermique en Chine, Renault n’a pas perdu espoir de pénétrer le premier marché automobile mondial. La marque au losange a annoncé lundi 9 août un partenariat avec la marque chinoise Geely pour développer des voitures hybrides, en Chine et en Corée du Sud. Une alliance qui peut bénéficier aux deux constructeurs : Renault pourra disposer de la plate-forme électrique mise au point par Geely et Volvo, tandis que son partenaire pourra s’appuyer sur son implantation en Corée du Sud pour tenter d’exister sur ce marché. Les constructeurs chinois, qui gagnent progressivement des parts de marché dans leur pays, n’ont pas réussi à reproduire ce succès à l’étranger pour l’instant.

 

Se relancer en Chine avec Geely

Renault et Geely sont aussi convenus d’étudier la mise en place d’une possible entreprise commune en Corée du Sud pour y vendre les véhicules hybrides de Geely, alors que Renault est implanté dans ce pays depuis plus de deux décennies.

Selon Reuters, Renault et Geely envisageaient aussi de développer des véhicules entièrement électriques via cette co-entreprise.

En réalité, le constructeur français – qui avait perdu 7,39 milliards d’euros au premier semestre 2020 – cherche à relancer ses activités en Chine après avoir mis fin à un partenariat l’an dernier. La marque au losange ambitionne de retrouver une place sur ce marché après avoir dissout l’an dernier sa co-entreprise avec Dongfeng Motor Group.

 

« Des modèles hybrides »

« Grâce aux technologies existantes de Geely et à son empreinte industrielle mature, les deux partenaires mettront conjointement au point des modèles hybrides de la marque Renault. Renault contribuera sur la stratégie, le développement des canaux et des services, pour définir une expérience client appropriée », a indiqué le groupe chinois dans un communiqué. Il compte sur le français pour entrer sur le marché coréen, « où Renault Samsung Motors compte deux décennies d’expérience », pour espérer localiser des modèles de sa marque premium Lynk & Co.

Renault avait annoncé la fin de son activité principale en Chine en avril 2020, quand l’entreprise avait vendu ses parts dans la coentreprise avec Dongfeng, un constructeur d’Etat basé à Wuhan, qui collabore également avec Peugeot et Citroën. Arrivé dans le pays sur le tard, en 2016, au début d’un fort ralentissement du marché, Renault avait pourtant vu gros : son usine de Wuhan était conçue pour fabriquer 150 000 véhicules par an, avec la capacité de doubler sa production.

En 2019, l’ex-Régie n’avait vendu que 18 500 véhicules, contre 50 112 en 2018. Une « grosse déception » pour la directrice générale par intérim de Renault à l’époque, Clotilde Delbos. Mais l’entreprise n’avait pour autant pas tiré un trait sur sa présence dans le pays. Elle gardait deux coentreprises : eGT New Energy Automotive Co., Ltd., montée avec son allié Nissan et Dongfeng en 2017 autour du modèle entrée de gamme K-ZE, et une autre avec JMC, également partenaire de Ford. Enfin, Renault restait aussi présent sur les véhicules utilitaires, grâce à un partenariat avec Brilliance, également en difficulté.

 

Renault compte s’associer à Geely pour lancer en Chine des modèles hybrides.

Le Groupe Renault vient d’annoncer la signature d’un protocole d’accord avec Geely, le plus grand groupe automobile privé de Chine, et propriétaire de Volvo. Le partenariat doit permettre au français de lancer des modèles en Chine et en Corée du Sud. Du moins dans un premier temps, car d’autres marchés asiatiques pourraient suivre.

Pour la Chine, Renault commercialisera de nouveaux véhicules hybrides sous sa marque grâce aux technologies et à l’empreinte industrielle de Geely. Le Losange indique qu’il va contribuer « à la stratégie de marque, au développement des canaux de vente et des services digitaux ainsi que l’expérience client innovante ».

C’est donc une évolution de la stratégie de la marque pour l’Empire du Milieu. En 2020, Renault avait mis fin à une co-entreprise avec le chinois Dongfeng pour la production sur place et la vente de modèles thermiques, notamment le Kadjar. Arrivé tardivement sur le marché chinois, Renault n’a jamais vu ses ventes décoller dans ce pays. Il avait toutefois pris la décision d’y rester en se focalisant sur les électriques et utilitaires. Il renforce donc aujourd’hui sa présence en Chine avec les hybrides grâce à Geely.

Geely va aussi permettre à Renault de se relancer en Corée du Sud, où il est présent depuis une vingtaine d’années avec la marque Samsung Motors. Les deux parties vont étudier la possibilité de produire dans ce pays des modèles sur la plate-forme de Lynk&Co, une marque de Geely, cousine de Volvo. Lynk&Co est d’ailleurs en train de faire ses débuts en Europe.

La menace sur l’hybride pèse en Europe

D’autant qu’en Europe, l’hybride est un marché potentiellement plus fragile. D’ici 2035, l’UE veut bannir les moteurs thermiques. « On n’a pas acté la fin du moteur thermique en 2035, ça fermerait la porte à l’hybride également », a opposé la présidence française.

Filiale de Geely, la marque Volvo prévoit d’ailleurs de retirer de son catalogue d’ici 2030 tous ses modèles à combustion, y compris les hybrides, c’est-à-dire à la même date que Bentley, ou Ford pour l’Europe.

 

Maintenir la marge opérationnelle

En pleine reprise, Renault cherche à consolider de nouvelles parts de marché. Lancé dans un vaste plan d’économies, le groupe a rebondi au premier semestre avec un bénéfice net de 368 millions d’euros, après une année 2020 très difficile.

Il a annoncé une marge opérationnelle de 654 millions d’euros sur les six premiers mois de l’année 2021, soit 2,8% du chiffre d’affaires. Celui-ci s’établit à 23,4 milliards d’euros, en hausse de 26,8% sur un an, contre 28 milliards avant la crise, en 2019.

La crise des semi-conducteurs continue de freiner l’assemblage et pourrait conduire à une perte de production de l’ordre de 200.000 véhicules sur l’année, prévient Renault.

Basé à Hangzhou, dans la province orientale de Zhejiang, Geely s’est lancé dans l’aventure automobile en 1997. Geely Automobile Holdings Limited est coté à Hong Kong.

 

By Paul