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Mardi, Google a profité de sa présentation presse « Sustainability » (durabilité) pour rappeler ses ambitions face au changement climatique. La firme de Mountain View entend apporter sa contribution à la démarche d’écoresponsabilité sur divers terrains, comme l’IA, les transports, les énergies et les déplacements. Dès l’année dernière, le géant américain avait annoncé vouloir faire tourner ses centres de données et bureaux du monde entier grâce à des « énergies décarbonées », et ce, dès 2030.

Dans le sillage de cette annonce, Google s’est dit que les entreprises n’étaient pas les seules à pouvoir sauver la planète. Les citoyens et utilisateurs ont, eux aussi, la possibilité de faire bouger les choses. Itinéraire « vert » sur Google Maps , indication des émissions de CO2 en réservant votre vol… Voici un résumé des annonces faites par Google.

 

Google développe une IA pour optimiser la circulation

En effet, Google a développé une intelligence artificielle dédiée à optimiser le fonctionnement des feux de circulation, le but étant de fluidifier le trafic, de réduire le temps d’attente des automobilistes aux carrefours, et par extension de réduire l’impact environnemental des décélérations et accélérations successives des véhicules. Pour résumer, l’IA en question est capable d’analyser “avec précision l’état de la circulation et le timing des feux de circulation sur la plupart des intersections des villes du monde entier”.

Comme l’expliquent les équipes de Google, cette IA a été testée en Israël sur quatre artères particulièrement fréquentées de Haïfa et Beer-Sheva. “Jusqu’à présent, nous avons constaté une réduction de 10 à 20% de la consommation de carburant et du temps d’attente aux intersections”, détaillent-elles.

Confiant dans son intelligence artificielle, Google a annoncé que ses équipes allaient procéder à des tests supplémentaires à Rio de Janeiro au Brésil, avant un éventuel déploiement dans d’autres métropoles. “Les premières recherches indiquent que l’IA peut aider les villes à rendre leurs feux de circulation plus efficaces, rendant chaque trajet plus écologique, quelle que soit la voiture”, conclut Google.

 

Google fournit toutes les informations pour tendre vers un voyage plus « vert »

Même si certains crieront à la « communication », et il est vrai qu’il y a un peu de ça, Google tente à sa façon de responsabiliser les utilisateurs qui utilisent massivement ses outils et produits aujourd’hui. En premier lieu, on touche évidemment au monde du voyage, important générateur d’émissions de carbone. Google rappelle qu’il est désormais possible de préparer un voyage en étant informé de l’empreinte carbone de son trajet.

L’entreprise va même jusqu’à proposer aux utilisateurs les données des émissions de CO2 par vol et même par siège, depuis son moteur de réservation de vols Google Flights. On peut ainsi, si on le souhaite, trouver le bon compromis entre un vol qui nous intéresse et un vol moins émetteur de CO2. Par extension, les résultats de recherche des hôtels afficheront des informations sur les différentes actions menées par tel ou tel établissement en matière de développement durable. Cela peut aussi bien concerner la réduction des déchets ou l’économie d’eau. Il est aussi possible, depuis Google Shopping, de ne sélectionner par exemple que les appareils les moins énergivores.

Notons par ailleurs que pour favoriser l’adoption d’énergies propres, Google fait la promotion de son programme Nest Renew, en ciblant notamment les thermostats de la marque. Les thermostats justement compatibles peuvent, grâce à la fonctionnalité baptisée « Energy Shift », déplacer automatiquement la consommation d’électricité pour le chauffage et la climatisation vers des horaires où l’énergie est plus propre ou tout simplement moins chère. Pour le moment, cette fonctionnalité se limite aux États-Unis, mais elle fait partie des initiatives privilégiées par Google pour tendre à la réduction de la consommation énergétique dans les foyers. Encore faut-il être un adepte de la domotique, ce qui aujourd’hui n’est pas encore gagné.

 

Une option trajet écologique dans Google Maps

Dans le domaine des transports, Google a également annoncé lors du point presse le lancement d’une fonction de navigation écologique, dès aujourd’hui aux États-Unis, et en 2022 en Europe. En évaluant divers paramètres (congestion, degré d’inclinaison des routes sur le trajet, etc.), Google Maps déterminera quel est l’itinéraire émettant le moins de CO2. Lorsque celui-ci offre un temps de trajet équivalent à celui de l’itinéraire le plus rapide, il le lancera par défaut. Lorsque le temps de trajet plus écologique est plus long, il ne l’affichera pas directement, mais le proposera en alternative aux conducteurs — qui seront libres alors de le retenir ou non. « Selon nos estimations, [cette nouvelle option de navigation] pourrait réduire les émissions de CO2 annuelles de plus d’un million de tonnes, soit l’équivalent de 200 000 voitures en moins sur les routes  », fait valoir Google.

Même si ces annonces vont dans le bon sens, elles ne doivent pas faire oublier que des changements écologiques bien plus profonds restent nécessaires dans le secteur des transports. Celui-ci est responsable de 25 % des gaz à effet de serre mondiaux et il est indispensable que nous les réduisions à zéro d’ici 2050. Comme l’ont encore rappelé récemment les scientifiques du GIEC, ce n’est en effet que de cette manière  que nous pourrons maintenir le réchauffement climatique en dehors des scénarios les plus dangereux. En ce qui concerne les transports, le zéro carbone passera nécessairement par le recours accru aux transports en commun, la réduction des trajets inutiles et l’adoption de véhicules non polluants, tels que des voitures électriques.

Des trajets plus écolos

Maps aussi devrait revoir sa copie pour un avenir plus vert. Dès aujourd’hui aux États-Unis, et à partir de 2022 en Europe, l’application de navigation permettra de choisir automatiquement le trajet le moins énergivore pendant un déplacement en voiture. Selon les estimations de Google, cette option pourrait permettre d’économiser plus d’un million de tonnes de CO2 par an, soit l’équivalent de 20 000 voitures. Grâce à l’IA, la plateforme se chargera aussi de fluidifier les trajets à l’échelle locale. En améliorant les conditions de route et en se coordonnant avec les feux de circulation en ville, Mountain View prévoit déjà d’économiser 10 à 20% de carburant rien que sur le temps d’attente aux croisements.

Une décision qui s’inscrit dans la continuité des annonces faites l’année dernière par le GAFAM, qui avait officialisé son objectif d’utiliser 100% d’énergies décarbonées d’ici 2030, pour faire fonctionner ses data centers et ses bureaux.

 

Des tests encourageants pour Google

Le géant du web évoque des expériences menées en Israël en collaboration avec les municipalités de Haïfa et de Beer-Sheva, mais aussi avec la compagnie nationale des routes du pays. Résultat : « une réduction de 10 à 20 % de la consommation de carburant et du temps d’attente aux croisements ».

Galvanisé, Google se targue d’être en passe de lancer des tests similaires à Rio de Janeiro au Brésil et d’être déjà en discussions avec plusieurs villes à travers le monde. Le but de la firme est clair : exploiter son IA pour améliorer la circulation dans autant de métropoles que possible « pour que chaque trajet soit plus écoresponsable, quelle que soit la voiture ».