On le dirait tout droit tiré d’un dessin animé de Tex Avery. Et pourtant l’Audi Skysphere est bien une réalité, même s’il s’agit d’un concept-car. La marque aux anneaux s’est inspirée du célèbre cabriolet Horch 853 produit en 1935 pour concevoir le Skysphere, l’un des trois premiers concept-cars avec les futurs Grandsphere et Urbansphere.

Le Skysphere est un cabriolet électrique préfigurant ce que sera le luxe de demain chez Audi. Bien entendu, on retrouve certains éléments signatures de la marque aux anneaux, telle l’énorme calandre Singleframe supportant le logo lumineux 3D et des phares à leds, à l’avant comme à l’arrière.

Outre des lignes fluides et acérées, l’une des principales particularités de ce concept est son empattement variable qui d’un seul clic permet de passer de 4,94 à 5,19 m, dépendant du mode de conduite choisi. Quant à la garde au sol, elle varie de 0 à 10 mm. Tout cela est rendu possible grâce à une machinerie spécifique, où des éléments de carrosserie et du châssis peuvent être déplacés les uns les autres. Cette spécificité n’est pas sans rappeler Morphoz, un SUV concept signé Renault.

 

De long à très long

Le roadster, deux places, électrique (car oui c’est électrique) passe ainsi de 4,94 m de long à 5,19 m en version GT. Une version Sport qui reste donc très longue. Esthétiquement, ce concept Audi va puiser son inspiration du côté des coupés à loooooong capot. On pense immédiatement à la Mercedes-Maybach 6 Coupé. C’est d’autant plus vrai de profil ou de 3/4 arrière avec une poupe effilée.

A l’avant, on trouve la « Single Frame » en version suggérée. Elle est pleine et non ajourée comme sur une voiture thermique. Elle est même encore plus suggérée par les côtés qui n’existent que par une signature lumineuse. Ce gimmick stylistique est tellement marquant pour Audi qu’il n’y a plus besoin de la mettre en vrai pour qu’on la voit. La suite de bagages repend d’ailleurs la forme de la calandre.

Les feux avant sont très fins, un peu comme un regard acéré sur la route. Là encore La Maybach 6 Coupé nous revient en mémoire. Là où cette Audi se distingue, c’est par des plis très marqués, sur le profil, avec des portières très creusées et des passages de roue qui ressortent fortement. Le profil est le plus marquant avec un poste de pilotage très reculé. Type E, Viper, etc. nombre de voitures marquantes ont joué de ce paramètre. Audi de son côté tente de raccrocher ce concept à la Horch 853 roadster. Pour le positionnement oui sans aucun doute. Le style lui n’est plus du tout le même.

L’intérieur du concept pousse encore plus loin la numérisation de la planche de bord. Une immense dalle sert pour les instruments de bord, la rétrovision et l’écran central. Un autre écran côté passager complète tout cela. En mode GT, autonome, tous les écrans s’alignent et on se retrouve avec un écran de 1415 mm de long par 180 mm de haut.

 

Audi présente sa Batmobile

Le skysphere se présente donc sous la forme d’une voiture 2-en-1, articulée autour d’un empattement capable de rapetisser. De base, l’engin mesure 5,19 mètres, mais cette longueur peut être réduite de 25 centimètres quand on passe en mode sport — par la simple pression d’une touche. Avec une silhouette réduite, le concept gagne en comportement dynamique. En mode Grand Tourisme, le skysphere fait totalement disparaître le volant et les pédales, tout en faisant reculer l’écran affichant les informations nécessaires à la conduite. De cette façons, les occupants profitent de plus d’espace pour vaquer à d’autres occupations.

En termes de design (créé majoritairement en réalité virtuelle), le skysphere est inspiré de l’iconique Horch 853 — un cabriolet au long museau. Le prototype d’Audi reprend certains éléments rétro, tout en affirmant sa modernité. En résulte un look qui en impose et pourrait difficilement passer inaperçu sur les routes d’aujourd’hui. Il suffit de se pencher sur la calandre pour s’en convaincre : elle est habillée d’une signature lumineuse imposante qui s’adapte, elle aussi, au mode de conduite. Cet affichage peut servir à communiquer avec l’extérieur, quand la conduite autonome est enclenchée. À l’arrière, on remarque un toit très fuyant, surmontant un diffuseur sculpté et des dizaines de LED rouges rappelant des rubis (dixit Audi). D’une manière générale, ce skysphere affiche des lignes agressives, qui renforcent son caractère sportif.

 

Salon autonome niveau 4

Les fauteuils sont « à l’ancienne ». Très droits/plats pour le dossier et l’assise et des pans coupés sur les côtés. On a l’impression d’avoir un prototype de course des années 70/80. On notera les appuie-tête intégrés au double bosselage arrière, ainsi que les portières dites « suicide ».

Concept oblige, il y a de la cinématique un peu partout. Le coffre avant s’ouvre en deux partie. Merci la fée électricité pour cette place à l’avant. En mode GT, autonome, le volant et le pédalier s’escamotent pour faire de l’intérieur un salon roulant. Pour le kitch, Audi place une bouteille et deux flutes dans la console centrale.

Le concept est né dans les têtes des designer du Audi Design Studio à Malibu en Californie. Il fera ses grands débuts pas très loin, à Pebble Beach, le 13 août, pour la « Monterey Car Week ».

Dans les différences avec la Horch 853 roadster, il y a aussi la motorisation. L’ancètre disposait d’un moteur huit cylindres en ligne de 5 litres de cylindrée. Ici, l’Audi skysphere est électrique comme la mode du moment l’y « oblige ». Le moteur est placé sur l’essieu arrière. Il délivre 465 kW de puissance (624 ch environ) pour 750 Nm de couple aux seules roues arrière. Audi annonce 1800 kg « seulement » sur la balance avec une répartition 40:60 AV:AR. Le 0 à 100 km/h serait fait en 4 secondes. Mais ces chiffres sont vulgaires dans le petit monde feutré de Monterey.

652 ch de puissance

La motorisation est entièrement électrique. L’ensemble promet une puissance de 632 ch pour 750 Nm de couple avec le seul moteur arrière, là où est aussi posée la batterie de 80 kWh. Le tout à l’arrière ne dérange pas la répartition des masses puisque le constructeur indique que 60 % des 1 800 kg sont situés sur le train arrière.

Côté performances, l’Audi Skysphere Concept avoue un 0-100 km/h en 4,0 s, alors que l’autonomie peut atteindre les 500 km. Des données qui n’ont qu’une valeur fantasmagorique, puisque ce concept n’ira jamais au-dessus des 30-40 km/h pour les rares privilégiés qui pourront le conduire.

 

Steer-by-wire

« Plus de 80 kWh » sont prévus pour la capacité avec une batterie non pas plancher, mais placée derrière la cabine et entre les sièges. C’est un peu la configuration de la Rimac. Plus de 500 km WLTP espérés en mode GT « éco ».

On est dans du concept donc autant se lâcher sur la fiche technique. L’Audi skysphere est en « steer-by-wire ». En gros, la direction n’est pas mécaniquement reliée aux roues. Cela permet de choisir des duretés, mais surtout des rapports de démultiplication différents pour la direction. On peut même choisir son « couple de retour » (ce qui ramène les roues droites quand on lâche le volant). L’arrière est aussi directionnel pour un rayon de braquage plus faible, et une plus grande stabilité à haute vitesse.

Les suspensions sont à air et adaptatives. Trois chambres à air indépendantes peuvent être pilotées pour avoir plus ou moins de dureté. Cela permet de mieux contrôler le roulis et le tangage, mais aussi d’offrir un confort de « coussin d’air » pour les longs trajets GT. Il faut dire que les jantes 23 pouces chaussées de pneus 285/30 n’aident pas au confort.

Ce concept Audi skysphere est le premier de trois concept « sphere » : skysphere, grandsphere et urbansphere. Les trois concepts sont autonomes niveau 4 (on peut lâcher les mains et se reposer totalement sur la machine dans certaines situations précises). Le concept grandsphere (grande familiale ?) est annoncé pour 2022.

 

By Paul